RÉSUMÉ
Objectifs
Évaluer le décalage vertical entre les couronnes sur implants et les dents adjacentes dans le secteur antérieur maxillaire, au moins 8 ans après la pose de l’implant, et analyser l’impact de ce décalage sur la perception esthétique des patient·e·s.
Matériel et méthodes
L’échantillon comprenait 23 adultes évalués au moins 8 ans après la pose d’un implant et la mise en place d’une couronne unitaire sur une incisive centrale ou latérale. L’âge moyen des patient·e·s au moment de la pose était de 47,8 ans. Le décalage vertical a été mesuré en comparant des radiographies périapicales initiales et de suivi, l’implant servant de structure de référence stable. La satisfaction des patient·e·s quant à l’esthétique de leurs dents antérieures, ainsi que leur perception d’un éventuel problème vertical, ont été évaluées via un questionnaire. Ces perceptions subjectives ont ensuite été comparées aux mesures objectives du décalage vertical.
Résultats
Tous les implants présentaient une moyenne d’infra-occlusion de 0,62 mm (intervalle : 0,15 à 1,63 mm). Ce décalage vertical n’était pas associé au sexe, à l’âge au moment de la pose de l’implant ni à la durée entre les deux radiographies. Les patient·e·s étaient globalement satisfait·e·s du résultat esthétique à long terme de leur sourire (moyenne de 3,9 sur 5, où 1 = pas satisfait et 5 = très satisfait). Parmi les 23 patient·e·s, 8 ont remarqué une infra-occlusion de l’implant, et seulement 4 considéraient le problème assez important pour souhaiter y remédier. Le degré de décalage vertical n’était pas corrélé à la perception subjective du problème par les patient·e·s.
Conclusion
Les couronnes implanto-portées dans le secteur antérieur peuvent présenter une infra-occlusion à long terme. Ce décalage vertical ne dépend ni du sexe, ni de l’âge des patient·e·s. Ces dernier·ère·s étaient dans l’ensemble satisfait·e·s de l’esthétique de leur restauration. Le décalage vertical, dans les proportions mesurées ici, n’était généralement pas perçu comme une complication.

